mercredi 24 juillet 2013

Travailler en sécurité à Pinel, est-ce toujours possible?


Bien que certaines décisions sur la sécurité en général à Pinel restent en dehors de notre contrôle, plusieurs aspects sécuritaires sont de notre responsabilité.
Nous vous soumettons ici un petit rappel sécuritaire. Soyez assuré que notre but n’est pas d’être moralisateur, mais bien d’éviter des accidents et des blessures dans la mesure du possible. Ces recommandations ne sont pas un mot d’ordre, mais bien des suggestions pour augmenter notre niveau de sécurité collective.
Sachez que nous faisons totalement confiance à votre jugement et que nous serions très heureux d’avoir d’autres suggestions et des commentaires de votre part. Voici un remue-méninge de suggestions sécuritaires.

Personnel

Ne jamais avoir un patient dans le dos.
Toujours intervenir à deux.
Aviser vos collègues de vos déplacements (parloir, toilette…).
Assurez-vous que vos déplacements où que vos rencontres ne    
        mettent pas une pression indue sur le reste de vos collègues.
Ne pas intervenir avec des objets qui occupent vos mains (café,
        cabaret…).

Information

Faire attention à la divulgation d’information personnelle devant la
        clientèle et même dans la console (nom, adresse, lien personnel…).

Lieux physiques

Ne fermez jamais les micros de la console.
Prioriser l’ouverture des portes et l’écoute de vos collègues à toutes
        autres tâches cléricales.
Faire régulièrement des tournées sécuritaires.
Faire régulièrement des inspections visuelles des chambres.
Limiter la possession d’objet potentiellement dangereux chez la
        clientèle (batterie, lacet, rallonge électrique, pièce en métal ou
        plastique rigide…).

Travail en équipe

Prendre le temps de discuter avec les AGI avant de faire une
        intervention physique. Expliquer les événements et ce à quoi vous
        vous attendez comme collaboration des AGI. Laisser les AGI faire
        l’intervention physique. Prêter main-forte au CPU une fois le patient
        maîtrisé.
Venez toujours en aide à un collègue dans le besoin.
Lors de l’entretien ménager, service de l’approvisionnement, service
        de la pharmacie ou de service technique, s’assurer d’être toujours en
        présence d’un intervenant pour assurer sa sécurité et celle du chariot.
Inversement, lors de l’arrivée des travailleurs de l’entretien ménager,
        du magasin, de la pharmacie ou du service technique, assurer une
        présence sécuritaire à ces travailleurs.
La sécurité est l’affaire de tous.

Travail clinique

Partager vos commentaires en équipe (équipe multidisciplinaire) et
        entre les équipes (ex. socio et CPU).
Parler de vos impressions face à certains patients. Souvent un «
        feeling » peut quelquefois empêcher une intervention physique.
Parler de vos inconforts face à un patient lors des réunions cliniques.
        Quelquefois, ce sentiment peut apporter un nouveau regard sur un
        patient.
Justifier toutes mesures restrictives par des observations et des
        justifications cliniques. Prendre le temps de rédiger des notes
        d’observations mentionnant les comportements plus à risque d’un
        patient.
Exiger toujours de travailler dans un environnement sécuritaire. Ceci
        est un droit au sens de la loi.
Si on vous force à faire une tâche qui brime votre santé physique ou
        psychologique, invoquer le droit de refus.
Un CA mouvementé à Pinel

Le 13 juin était aussi la journée du conseil d’administration (CA) à l’Institut. Pendant que les travailleurs mangeaient et festoyaient devant l’Institut, les membres du CA ont mangé dans le jardin.

Suite à ce dîner, les administrateurs se sont réunis au A-1056 à 13 h. Bien entendu, à cette heure, bien peu de travailleurs ont pu assister à la rencontre. Toutefois, plusieurs membres de l’exécutif et des gens de la population y étaient et ont posé des questions.

Les voici :

  1. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à cesser la création de poste-cadre à l’Institut?
  2. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à couper dans les postes d’assistant coordonnateur sur toutes unités pour ne mettre qu’un coordonnateur (comme au F-1 et F-2) ?
  3. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à couper le nombre de coordonnateurs de soir et fin de semaine qui a doublé récemment?
  4. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à couper dans les congrès et conférences à l’extérieur, surtout à l’international vu les coûts associés au déplacement?
  5. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à couper dans les postes de pharmaciens, qui sont maintenant 4 alors qu’il y a peu de temps, deux pharmaciens étaient suffisants pour tout l’Institut?
  6. Dans le cadre des coupures en relation avec les demandes d’optimisation du gouvernement, avez-vous songé à couper au niveau des postes-cadres du service des communications qui vient de passer récemment de 1 à 2?
  7. Pensez-vous tenir informé les membres du CA des problèmes de relations de travail (plainte à la CSST, rapport d’inspecteur et suivi de la CSST, droit de refus, griefs, arbitrage…), car les coûts associés aux relations de travail ont augmenté énormément en 2012 (80 000 $ à 214 000 $ selon le AS-471)?
    1. Pouvez-vous expliquer la hausse prévue du coût de la gestion des griefs qui passera d’environ 80 000 $ à 330 000 $ cette année (selon le AS-471)?
    2. Pourquoi l’avocat responsable des relations de travail est-il présent lors des rencontres des inspecteurs de la CSST ?
    3. Quels peuvent être les services rendus par un avocat dans de telles rencontres?
  8. J’ai lu dans le journal que vous faites habituellement vos CA au club privé St-James. Dans tous les établissements que j’ai contacté (Centre jeunesse de Montréal, IUCPQ, CSSS Jardin-Rousillon, CSSS Lucille-Teasdale, et l’IRDPQ), les rencontres du CA se font dans une salle de l’établissement. Croyez-vous qu’en période de coupure, il est juste qu’un CA se déroule dans un club privé où il est pratiquement impossible pour les employés de venir poser des questions aux administrateurs du CA. ?
  9. J’ai été informé de vos rencontres du CA au St-James. Bien que vous vouliez accommoder les membres du CA, croyez-vous qu’il est normal de dépenser près de 12 000 $ (selon le AS-471) pour des repas et la location d’une salle pour des bénévoles?
  10. On m’a informé que seulement les employés paient pour le stationnement. Avec les frais de gestion, d’entretien, de réfection et l’agrandissement récent du stationnement (sans augmentation du nombre d’employés), avez-vous déjà pensé faire payer tous les utilisateurs du stationnement et non pas uniquement des employés de l’Institut, comme cela se fait partout ailleurs?
  11. Dans le but d’économiser de l’argent, avez-vous déjà pensé à engager un employé pour faire le service de transport des patients et ainsi économiser sur la facture de taxi qui s’élève à environ 145 000 $ (selon le AS-471)?                               

La présidente du CA nous a dit qu’elle soumettrait les questions aux directeurs concernés et qu’elle reviendrait avec les réponses lors du prochain CA en septembre. Nous sommes impatients d’entendre ces réponses. Nous serons présents lors du prochain CA. Nous ne savons pas s’il se déroulera au St-James, car un sondage auprès des administrateurs sera fait au cours de l’été. Le résultat sera connu à la fin de l’été.

Les budgets
Le CA a ensuite poursuivi l’ordre du jour. Le Directeur général adjoint administratif (DGAA), Jacques Jodoin, nous a fait un suivi au niveau des budgets 2012-2013 et 2013-1014.

Il nous a d’abord dressé le bilan de 2012-2013. Le budget s’est terminé avec un déficit de 1 200 000 $. De ce montant, 400 000 $ provient des coupures dans les budgets de la réorganisation, montant qui a été coupé de manière rétroactive par le gouvernement péquiste même si l’entente initiale prévoyait l’attribution de ce montant. Le reste du déficit provient des coupures de 800 000 $ du service correctionnel canadien. En effet, la coupure de la subvention fédérale du programme de traitement des délinquants sexuels s’est effectuée pour les 4 derniers mois de 2012.

M. Jodoin nous a ensuite dressé la prévision budgétaire 2013-2014. Il faut comprendre que le budget commence avec le déficit de l’année précédente, donc 1 200 000 $. À cela, s’ajoute les coupure rétroactif de la réorganisation (700 000 $), la coupure du service correctionnel du Canada (qui, annualisé équivaut à 2 400 000 $). Cela fait un total de 4 300 000 $. Finalement, il faut ajouter les coupures d’optimisation à hauteur de 1 500 000 $. Ce qui amène un grand total de 5 800 000 $ de déficit prévu pour 2013-2014. Cela représente environ 11% du budget.

L’historique budgétaire
Il faut comprendre qu’en février, le CA avais pris la décision de ne pas soumettre de plan de redressement pour l’année 2012-2013. Au fond, un budget en équilibre fut présenté avec un débiteur de 1 200 000$, ce qui revient à dire que le CA refusait les compressions et les présentait comme une dette avec un paiement à recevoir. Ce fut refusé par l’agence et un plan de redressement fut exigé.

En avril, M. Jodoin nous a donc présenté un plan de redressement. La direction décidait de fermer temporairement l’unité H-2 pour effectuer des rénovations dans le but d’en faire une unité d’expertise. Par contre, en mai, nous apprenions que l’unité H-2 fermait définitivement et qu’une autre unité, l’unité F-2, fermerait de manière temporaire.

Entente de gestion
Suite à ce petit historique, M. Jodoin nous a parlé de l’entente de gestion et d’imputabilité 2013-2014 entre l’Institut Philippe-Pinel et l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Cette entente a pour but de définir les relations que l’Agence entretient avec l’Institut, en définissant trois orientations:

  • L’offre de service
  • L’optimisation de certains secteurs du réseau
  • Les priorités régionales

M. Jodoin nous a confié que suite à l’entente, les représentants de l’agences n’ont pas demandé un nouveau plan de redressement (un budget équilibré qui inclus les dettes passées et présentes). M. Jodoin a vu cela comme quelques chose d’encourageant.

Il est possible qu’une partie ou la totalité du déficit budgétaire soit absorbé par l’agence et le ministère. Il reste à voir.

Il reste que certaines coupures restent ciblées. Le document cible de réduire l’assurance salaire (53 385 $), réduire les heures supplémentaire (37 377 $), réduire le T.S. infirmier (4,63 %), réduire le T.S. pour l’ensemble du personnel (2,96 %), réduire la dépense administrative (1 190 152 $) et réduire les dépenses à l’approvisionnement (39 392 $). Un dossier que nous surveillerons de près.

Rencontre avec l’agence
Nous avons appris la visite de personnes, mandaté par l’agences, qui viendrais visiter Pinel. Ces personnes sont venues voir l’unité H-2 et F-2 pour évaluer l’état des lieux. Ces personnes devront analyser les problématiques de l’Institut et les mettre en contexte face au reste du réseau, plus particulièrement les institutions qui entretiennent des liens étroits avec l’Institut (Louis-H-Lafontaine, Douglas, Centre jeunesse, foyer d’hébergement…). Les conclusions devraient arriver lors de la prochaine rencontre prévue pour le 12 juillet.

Et le reste…
Nous avons abordé ensuite les questions habituelles au CA: approbation des procès-verbaux, affaire financière, conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, dépôts des rapports annuels des différents comités, tableau de bord et indicateur de performance, informations divers, fondation Pinel et le mot de la directrice générale.

Sur cette journée chargée, nous avons clos la rencontre. Une auto-évaluation de l’efficacité du CA sera faite par les administrateurs au courant de l’été.


En conclusion, souhaitons qu’en septembre nous aurons des réponses claires à nos questions. Espérons aussi qu’aucune unité ne verra ses portes fermés et que la gestion et l’administration de l’Institut s’améliorera avec le temps.
Mobilité du personnel

Vendredi dernier, le 19 juillet 2013, l’employeur a pris la décision de procéder à la suspension d’une infirmière. L’unité C-1 a, depuis longtemps, deux postes d’infirmières sur tous les quarts de travail. En contrepartie, il y a présence d’un sociothérapeute de moins. L’employeur a voulu vendredi dernier, utilisé la deuxième infirmière pour combler un besoin d’infirmière ailleurs.

Rien n’empêche l’employeur de procéder au déplacement de travailleur (tout statut confondu), mais il doit agir avec respect et diligence dans l’application du droit de gérance. Le moins que l’on puisse conclure dans cette situation c’est qu’il a agi de façon assez cavalière.

Ainsi l’employeur a décidé de suspendre une personne sur-le-champ alors que cette dernière a refusé le déplacement.

L’employeur n’a jamais établi de balise claire dans de telles circonstances et lors de la première opportunité ce dernier applique une sanction exemplaire.

Nous voulons partager cette situation à tous car nous considérons que ce n’est pas uniquement aux travailleurs de palier au choix de gestion et d’attraction-rétention du personnel. Dans la situation présente, où le besoin était du personnel infirmier, nous considérons qu’il y a du personnel cadre infirmier (unité-direction) qui peut demeurer en place aussi.

Donc nous tenons à vous informer que nous allons avoir la situation à l’œil et prendre les moyens nécessaires afin de faire entendre ce principe de droit de gérance qui pour nous n’est pas appliqué avec soin et jugement de la situation de façon globale. Par contre, malgré notre désaccord nous considérons favorable que vous acceptiez le déplacement dans un premier temps et ensuite nous griefferons le mouvement de personnel. Le but étant de favoriser la bonne continuité du grief en cours.