mardi 12 novembre 2013

L’optimisation théorique : un échec pratique

Si l’on fait le suivi du dossier de l’optimisation du réseau de santé, on se rend compte que tout cela part de très bonnes intentions gouvernementales, mais que la finalité n’est pas ce qu’elle devrait être. L’exemple de Pinel en est un triste exemple. Voici l’analyse des demandes et leurs aberrantes conclusions.

Des coupures gouvernementales pourtant bien ciblées

Le gros problème avec les coupures annoncées par l’employeur est le fait que les coupures toucheront directement le service aux patients et la sécurité des travailleurs.

Ce qui est d’autant plus absurde, c’est que selon le plan stratégique 2010-2015, du ministère de la Santé et des Services sociaux[1] le but était loin d’être la coupure de service. Voici les 6 enjeux visés :
1)      L’action en amont des problèmes et la réduction des inégalités de santé et de bien-être
2)      La primauté des services de première ligne dans une perspective d’intégration et de hiérarchisation des services
3)      Un délai raisonnable pour l’accès aux services
4)      La qualité des services et l’innovation
5)      L’attraction, la rétention et la contribution optimale des ressources humaines
6)      Une gestion performante et imputable.

Comment avec les enjeux 5 et 6, on peut terminer avec des coupures de services? Ceci nous fait réaliser qu’il y a un problème entre la demande du gouvernement et la réalisation qu’en font les établissements.

Des demandes de l’agence de Montréal non suivi

Dans l’ordre des choses, les demandes de coupures gouvernementales sont faites et acheminées aux différentes agences de santé et de services sociaux. Arrivées à l’agence de Montréal, les coupes atteignent 100,9 millions  $, entre 1,38  % et 2,8  % du budget de chaque établissement (la coupure atteigne 1,5 million à Pinel, soit environ 2,7 %). La moitié des coupures doivent être, selon l’agence de Montréal, dans l’administration, l’approvisionnement et les ­ressources humaines[2]. À l’Institut, cela est loin d’être le cas.

Une fois la demande de l’agence faite à l’Institut, un premier plan de coupure est soumis. L’employeur prévoyait la fermeture de l’unité H2 et F2. Ce plan a été refusé par le ministre lui-même, demandant à l’Institut de refaire ses devoirs. Un article de La Presse en fait état :

Réjean Hébert a « demandé des comptes » à l'institut et à l'agence dès qu'il a lu la nouvelle dans La Presse. « Je vais m'assurer qu'il n'y ait pas de réduction dans les services aux patients », a-t-il dit en marge du Conseil national du Parti québécois, à Québec.
Le ministre a souligné que « le plan de réduction des services administratifs » de l'institut n'a pas encore été approuvé par l'agence de Montréal. Et il ne le sera pas, a-t-il insisté. « La commande est claire : il faut qu'il y ait une réduction dans la bureaucratie et les services administratifs, sans atteinte des services aux clients. » Il a souligné que le budget global de l'Agence de la santé de Montréal et ses établissements augmente de 211 millions. Les compressions ne touchent que les services administratifs, a-t-il fait valoir.[3]

De plus, dans une lettre de l’Agence envoyée le 28 mars dernier, nous pouvions lire : « nous sommes conscients de l’importance de cet effort, d’autant plus qu’il doit se réaliser sans affecter l’offre de service à la population ».

Nous comprenons mal que le deuxième plan de l’employeur ait été accepté par l’agence et le ministre. Même s’ils ne sont pas capables de comprendre l’impact de ce nouveau plan de coupure, il est pratiquement impossible de conclure que ces nouvelles coupures donnent, comme le ministre le souhaite, une réduction dans la bureaucratie et les services administratifs.

Encore une fois, l’employeur n’en fait qu’à sa tête. Ce qui est déplorable, c’est qu’en plus d’être mal ciblées, ces coupures réduisent les services aux patients et la sécurité des employés.




[1] Ministère de la santé et des services sociaux, Plan stratégique 2010-2015, Édition de La Direction des communications du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, Dépôt légal 2010, 55 pages.
[2] Archambault, Héloïse, Pas de compression dans la santé, Journal de Montréal, vendredi 7 juin 2013.
[3] Chouinard, Tommy, Compression : Québec demande à Pinel de refaire ses devoirs, La Presse, 12 mai 2013

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