mercredi 14 mai 2014

La réalité des unités après les coupures

Peu avant les élections, j’avais fait une tournée des unités pour prendre le pouls de la nouvelle réalité des unités de vie sans commis de soir. Dans les grandes lignes, il est ressorti que les gens étaient mal préparés et qu’il y avait beaucoup de confusions sur les procédures à adopter. Je m’étais alors engagé à vous faire parvenir, via le journal syndical un bref résumé de mes observations ainsi que les attitudes et comportements que nous vous suggérons fortement d’adopter. Je m’excuse donc du délai et remercie Sylvain Vallée qui me permet actuellement de poursuivre mes dossiers déjà entamés. Voici donc nos observations, suivi de nos recommandations.
Dans un premier temps, chaque unité m’a fait part des problèmes reliés à l’entretien ménagé de soir. En effet, avant de couper les postes de commis, l’employeur avait remodelé les horaires des gens à l’entretien pour que les chambres des patients se fassent de soir. Il réalise maintenant que vue le manque de personnelle pour assurer la sécurité des travailleurs à l’entretien, ces derniers se font souvent dire de revenir plus tard. Évidemment, on vous encourage à continuer cette pratique si vous ne pouvez pas vous assurer qu’un intervenant physique est pleinement disponible et cela, sans dégarnir le reste du plancher. Je tiens à noter que l’employeur est déjà avisé de cette situation et qu’il m’a dit que les horaires seraient fort probablement à repenser.
Un autre problème qui m’est souvent revenu est celui des activités. Depuis la coupure de commis, l’employeur avait donné le mot d’ordre à ses cadres de ne pas pousser pour que les travailleurs fassent des activités hors unité. Je pense que nous sommes tous en accord avec le fait que les activités sont nécessaires aux développements des patients et que ces activités  font parties des tâches attribué aux socios. Cependant, nous ne devons et nous ne pouvons faire ces activités au détriment de notre sécurité. Si vous êtes suffisamment d’intervenants physiques pour faire l’activité, c’est merveilleux, dans le cas contraire, c’est un pensez-y-bien. N’oublions pas qu’il y a tout de même des ratios à respecter pour l’activité et des ratios à respecter pour sortir des plans de chambre. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les AGIS présents au billard et aux loisirs doivent quitter en cas d’urgence dans les unités F. Ils ne peuvent donc pas compter dans le ratio. Chaque patient doit aussi être évalué avant sa sorti et si vous ne vous sentez pas à l’aise, personne ne peut vous obligé à l’amener en activité.
Aussi, il semble qu’il y a bien des discours différents concernant les ratios sur les unités. En effet, un certain cadre affirmait à son équipe qu’un infirmier peut être sur le plancher s’il est accompagné d’un seul intervenant physique pour une durée de moins de 20 min. Cela est totalement faux. Encore une fois, le plancher doit toujours être supervisé par 2 intervenants physiques, et plus particulièrement si la situation génère un risque additionnel. J’entends par là tous les moments où le risque est augmenté : la médication, la collation, les transitions, les PRN, les retours de patients, le moment où les plans de chambre sont sortis, les restos, etc. Ce sont tous des moments où les statistiques démontrent qu’il y a le plus d’acting out. Donc dans l’éventualité où l’infirmier doit aller sur le plancher, un intervenant doit être à la console. Dans cette situation, il faut donc faire appel au CPU pour accompagner l’infirmier et assurer la présence de 2 intervenants physiques.

Toujours dans les questions de ratio, il semble que les retours de patients entre 4 et 5 heures sont problématiques. En effet, s’il y a les soupers à servir, de la Rx à donner et qu’il manque en plus le commis, je vois difficilement comment on peut s’occuper du patient qui revient de sortie. On ne peut pas non plus le laisser attendre du côté des professionnels, car ces derniers sont encore présents à cette heure. Il n’est pas mieux de les faire attendre en bas avec les gardes qui sont en minimum. En fait, le but est de ne pas de pousser ses problèmes chez le voisin, mais simplement de travailler de façon sécuritaire pour tous. Une réorganisation semble s’imposer à ce niveau. Cependant, il est important de préparer les patients car lorsqu’ils attendent, ils sont plus irritables et perdent patience. Il y aura donc un travaille d’éducation à faire auprès des patients.

En dernier, il faut aussi penser lorsque nous allons souper qu’il doit rester deux intervenants physiques sur le plancher en tout temps.

Je conviens que tous ces changements vont diminuer la qualité des soins, mais dans le contexte actuel, il est important de bien faire les choses et de prendre son temps. Travailler en prévention est aussi beaucoup plus gagnant que de travailler en réparation. Aussi je veux souligner que lorsque l’agence a demandé à Pinel de faire ces coupures, elle a bien spécifié que cela ne devait pas diminuer la qualité des soins. Je vous encourage donc à nous tenir au courant des nouvelles pratiques qui nécessitent de couper des services aux patients pour que nous puissions les comptabiliser et envoyer, éventuellement, ce rapport à l’agence.

En somme, assurez-vous de toujours être en nombre suffisant; soit un minimum de 2 intervenants physiques sur le plancher. N’hésitez pas à faire appel au CPU, qui d’ailleurs, garde un registre des types d’interventions qu’ils font. Ne comptez pas les AGI aux ateliers dans vos ratios, ni au loisir. N’hésitez pas à dire non à un ménage ou une réparation si vous ne pouvez pas assurer la sécurité du  personnel et celle des patients en même temps. Finalement, n’hésitez pas à faire patienter un patient en bas, si vous n’avez pas le personnel nécessaire pour gérer adéquatement le retour. Pour toutes questions vous pouvez nous contacter au bureau.

Jean-Mathieu Houle
Comité santé/sécurité

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